четверг, 28 февраля 2008 г.

Le Figaro: Les énarques n'ont plus la cote dans le secteur privé


http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/02/26/01001-20080226ARTFIG00592-les-enarques-n-ont-plusla-cote-dans-le-secteur-prive-.php

Cécilia Gabizon
27/02/2008 | Mise à jour : 22:27

Photo: La librairie de l'ENA, à Strasbourg

Longtemps courtisés, les diplômés de l'ENA, qui représentent 10 % des grands patrons contre 20 % en 1995, sont concurrencés par ceux des écoles de commerce.

«Arrogants», « inadaptés à l'entreprise», «technocrates», les énarques voient leur prestige s'étioler dans le privé. Autrefois recherchés et placés d'office à des postes de direction, ils ne sont plus aujourd'hui que des candidats parmi d'autres, affirment les cabinets de recrutement de haut niveau. « La surcote dont ils bénéficiaient a disparu. Désormais, c'est du cas par cas» , analyse Michel Souzay, directeur associé du cabinet Boyden.

Les entreprises sont même «réticentes» à embaucher des énarques, à en croire Jean-François Roquet, le directeur général de François Sanchez Consultant. «Non seulement ils ont un ego hypertrophié mais ils considèrent le secteur privé comme une roue de secours» , poursuit le consultant, qui assure qu'aucun des énarques qu'il a récemment présentés n'a été recruté. «Ils souffrent d'un véritable désamour dans l'entreprise, d'un problème d'image, confirme Christine de Messe, secrétaire général de l'ENA entreprise. On est passé de la révérence au discrédit.»

La visibilité de grands patrons énarques a pour l'instant masqué cette révolution. Énarques et polytechniciens dominent toujours les états-majors des plus grandes entreprises, On compte 13 énarques et 19 X, dont 3 X-ENA, parmi les PDG, présidents du conseil de surveillance et présidents du directoire du CAC en 2006, selon Korn, le premier cabinet mondial de recrutement de dirigeants. Une majorité d'inspecteurs des finances président toujours aux destinées des grands groupes bancaires. Mais l'âge d'or des énarques patrons semble passé. «Ils étaient 20 % des grands patrons jusqu'en 1995. Ils ne sont plus que 10 %» selon Jean-François Kesler, ancien directeur adjoint de l'ENA, auteur de L'ENA, le pire des systèmes à l'exception de tous les autres (Albin Michel).


Temps de carence allongé

Il est maintenant rare de voir un énarque directement placé à un poste de direction. Car les passerelles entre les cabinets, le Trésor ou le Budget, qui avaient propulsé des énarques à la tête de grandes entreprises, sont désormais plus étroites et contrôlées. Les députés ont allongé le temps de carence entre un poste de direction dans l'administration et le secteur privé concerné. Un énarque qui avait une relation d'autorité avec certaines entreprises ne peut y travailler avant trois ans. Les inspecteurs des finances, considérés comme la crème de la crème, étaient souvent débauchés du ministère des Finances pour gagner un état-major. «La BNP m'a embauché en 1994 à un poste à forte visibilité comme directeur du développement, raconte Gilles Glicenstein, aujourd'hui directeur de BNP Paribas Asset Managment. Cela ne serait plus vraiment possible aujourd'hui.»

L'énarque participait autrefois du statut d'une entreprise. Désormais, on s'enorgueillit de leur présence seulement le succès venu. Sinon, on s'en méfie presque. Car le parachutage d'énarques à la tête de grandes entreprises n'a pas toujours fonctionné.

De plus, l'entrée en politique d'élèves devenu célèbres a semble-t-il nuit à tous les diplômés, désormais soupçonnés d'appartenir à des réseaux de pouvoir. Au sein des entreprises, ils subissent aussi la concurrence des grandes écoles de commerce, «qui ont gagné en excellence» selon Roger Fauroux. Enfin la perte d'influence des énarques dans le privé tient aussi au relâchement des liens entre administration et entreprise. Signe des temps, la proportion de diplômés de l'Institut d'études politiques de Paris qui passent le concours d'entrée à l'école ne cesse de diminuer, ce qui indique à la fois une perte de prestige et le fait que le diplôme de Sciences-Po, renforcé ces dernières années, se suffit à lui-même.


Cursus réformé

À la tête de l'École nationale d'administration depuis quelques mois, Bernard Boucault esquive le débat en rappelant que son école a vocation à former les cadres de l'État, qu'elle excelle en ce domaine et qu'on la copie dans le monde. Pour le reste, le cursus s'est encore réformé… assure le directeur, avec une part pratique plus importante.

Car si officiellement la célèbre école se recentre sur sa mission première, de plus en plus d'énarques quittent l'administration tôt dans leur carrière, fuyant l'engorgement du service public. Ils sont plus nombreux à quitter au bout des dix ans réglementaires ou même avant, remboursant leurs frais de scolarité. «Plus vite ils se tournent vers le privé, plus facilement ils se recasent », confirme d'ailleurs Marc Déby, qui gère les carrières à l'association des anciens énarques. «Le temps où les préfets en fin de carrière se tournaient vers l'entreprise est révolu. Il faut y venir jeune pour espérer trouver sa place .» Et de prôner «une révolution culturelle des énarques».

NB de From France: le plus croustillant dans ces articles reste encore les commentaires des lecteurs, comme dirait un ami de la promotion, "d'une VIOLENCE !"...

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